31 juillet 2008

Vents contraires autour des éoliennes

Alors que le Grenelle de l'environnement a placé les éoliennes au cœur de la production d'électricité d'origine renouvelable en France, un projet de décret et une étude critique de l'Institut Montaigne relancent la polémique autour de cette énergie.

© Carine Seghier

Efficacité relative, surcoûts importants, modification du paysage… Les critiques sont nombreuses lorsqu'il s'agit de parler des éoliennes. Une étude récente publiée par l'Institut Montaigne vient apporter de l'eau au moulin des nombreux détracteurs de cette énergie renouvelable… Le rapport, intitulé « Eoliennes : nouveau souffle ou vent de folie » et rédigé par Vincent Le Biez, élève ingénieur de Polytechnique, met en cause le développement massif de cette filière en France, jugée coûteuse et peu efficace. Au même moment, un projet de décret visant à encadrer l'implantation d'éolienne de plus de 50 mètres revient sur la table, faisant bondir les principales associations environnementales et les acteurs de la filière.

Pourtant, l'énergie éolienne figure au cœur du dispositif français de développement des énergies renouvelables afin d'atteindre à l'horizon 2020 l'objectif européen de 23 % d'énergies renouvelables en France.
Le potentiel éolien français est en effet très important, le deuxième d'Europe : 200 TWh exploitables par an et sous-exploités pour l'instant. En 2007, 2,4 GW étaient installés, auxquels il faut ajouter, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), 3 GW installés au cours du premier semestre 2008 et 7,3 GW qui ont d'ores et déjà reçu un permis de construire.
Le Grenelle de l'environnement a établi un scénario portant à 25 GW l'objectif de puissance installée d'ici 2020, ce qui représenterait 10 % de la consommation électrique française. Un scénario qui impliquerait de multiplier par 4 le nombre d'éoliennes installées et par 10 leur puissance. Il s'agirait alors d'installer 19 GW terrestres et 6 GW offshore.

Bataille autour des coûts

Une étude de l'Institut Montaigne a d'ores et déjà chiffré le développement du parc éolien français prévu par le Grenelle de l'environnement. Celui-ci aurait pour conséquence un surcoût annuel moyen de 1 milliard d'euros d'ici à 2020 et de 2,5 milliards au-delà. Ce qui lui fait dire que le déploiement de l'éolien n'est pas la solution économique la plus appropriée pour la France. Ce rapport vient confirmer l'avis de la Commission de régulation de l'énergie et d'autres associations peu ou pas favorables aux éoliennes.
Le coût d'installation des éoliennes est exorbitant, commente Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable. Si la France suit le programme du SER qui projette d'installer 14.000 éoliennes, on aboutit à un surcoût de 2,5 milliards d'euros, ce qui est une catastrophe économique pour la France. Un débat national doit être ouvert. Nous ne fabriquons pas d'éoliennes sur notre territoire, nous les importons, très peu d'emplois sont liés à cette énergie, il faut donc réfléchir à investir cet argent dans d'autres énergies renouvelables plus rentables mais aussi dans l'économie d'énergie.
Selon Raphaël Claustre, directeur du Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER), les données sur lesquelles s'appuie l'étude ne sont pas pertinentes. L'auteur de l'étude se base sur le surcoût total de l'éolien (investissement initial, maintenance, renforcement du réseau…) et non sur la facture finale d'électricité. Aujourd'hui, le prix de vente d'un MW atteint entre 70 et 80 €, celui de l'éolien atteint 82 €. J'ai tendance à dire que les prix de vente vont se croiser dans les trois prochaines années mais cela est susceptible d'arriver beaucoup plus tôt. Quant au réseau qui est sous-développé aujourd'hui, il est clair qu'il va falloir l'adapter et que cela a un coût, comme pour tout développement d'une énergie nouvelle. L'investissement sera-t-il rentable ? C'est la question que soulèvent les détracteurs de cette énergie.

L'efficacité des éoliennes en question

L'énergie éolienne est intermittente. Elle est fortement variable au cours du temps. Une éolienne délivre sa puissance maximale dans des conditions précises : si la vitesse du vent est trop faible ou trop rapide, les conditions optimales ne sont pas atteintes et l'éolienne produit peu ou pas d'électricité. Or, l'électricité n'est pas une énergie qui se stocke : elle doit être instantanément consommée sinon elle est perdue. Les périodes de production d'une éolienne, par exemple, ne correspondent pas forcément aux pics de consommation, ce qui nécessite donc une autre source d'énergie venant répondre à la demande et compenser les besoins. De nombreuses recherches sont en cours actuellement pour développer le stockage de l'électricité et résoudre ainsi cette question.
C'est une énergie irrégulière, pour compenser les périodes creuses de production, il faudrait développer des centrales thermiques. C'est faire machine arrière, argumente Jean-Louis Butré.
Pour Raphaël Claustre, cet argument n'en est pas vraiment un : il va falloir évoluer dans un cadre intelligent. Aujourd'hui, seulement 1 % de l'électricité produite en France est intermittente. En tendant vers des objectifs de 20 ou 30 %, nous devrons développer des réseaux intelligents. Les recherches sont en cours à ce sujet, les progrès sont accessibles.

Un projet de décret pour les grandes éoliennes

Au même moment, un projet de décret écarté lors du Grenelle de l'environnement, visant à soumettre à autorisation les éoliennes de plus de 50 mètres, revient sur la table des pouvoirs publics, faisant bondir les associations environnementales et les acteurs de la filière. Soumis à discussion au sein du Comop 10 du Grenelle de l'environnement, la proposition induite par les associations de protection des paysages et soutenue par l'administration de classer les grandes éoliennes selon la procédure d'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) avait alors été rejetée par les participants. Ceux-ci jugeaient que le régime actuel d'autorisation était adapté à la subtilité et à la complexité des situations.
Les grandes éoliennes seraient soumises au même régime qu'une centrale thermique, c'est disproportionné. Nous sommes étonnés, aujourd'hui, suite à la logique de concertation mise en place lors du Grenelle, que ce décret revienne sur la table alors que les participants se sont déclarés contre, déclare Raphaël Claustre.
C'est une mesure qui me semble normale, note au contraire le président de la Fédération environnement durable. Une éolienne, c'est une grosse machine industrielle avec près de 400 tonnes de béton, un mât de plusieurs dizaines de haut, des pales qui ont l'envergure d'un A380…
Du côté du MEEDDAT, on affirme que ce projet de décret n'a pas encore fait l'objet d'une décision.

Au-delà de cette nouvelle polémique, on notera qu'aucune énergie ne fait l'unanimité. Le nucléaire soulève (peut-être plus que jamais) l'épineux problème de la sécurité, le thermique contribue à l'effet de serre, le solaire a des progrès à faire en terme de rendement et l'éolien impacte les paysages… Au final, il semble bel et bien que la seule énergie vraiment verte est celle… que l'on ne consomme pas !

S.FABREGAT pour actu-environnement

30 juillet 2008

Votre écran de veille pour aider la recherche

Militant depuis 3 années pour le World Community Grid, je me permets de vous démarcher aujourd’hui.

La recherche scientifique a besoin d'effectuer des calculs de plus en plus complexes pour résoudre les grands problèmes humanitaires de notre époque. Ces calculs peuvent durer des centaines d'années sans une puissance de calcul informatique adaptée. La mission du World Community Grid est donc de mutualiser la puissance de calcul inutilisée de tous les PC et de créer la plus vaste grille de calcul scientifique au service de l'humanité.

Donnez le temps pendant lequel votre ordinateur est en veille à des projets qui serviront à l'humanité toute entière ! Nous fournissons gratuitement le logiciel sécurisé et vous devenez membre d'une communauté qui aide à changer le monde. Une fois le logiciel installé, vous ferez partie du World Community Grid. Aucune autre action de votre part n'est requise, c'est aussi simple que cela ! Pour en savoir plus et adhérer, cliquez ici.

Concrètement, c’est un écran de veille qui aide à la recherche scientifique sur des programmes hautement éthiques (SIDA, Cancer, Dingue, malnutrition… et non pas OGM, clonage, nucléaire…)

29 juillet 2008

Dell se met au vert

Dell se met au vert et annonce Studio Hybrid, une nouvelle gamme d'ordinateurs de bureau compacts qui seraient constitués à 95% de matériaux recyclables et consommeraient 70% de moins qu'un ordinateur standard.

Ces petites machines débutent à 449 euros et peuvent intégrer un processeur Intel Celeron 550 (2,0 GHz) ou différents modèles de Core 2 Duo de dernière génération (T2390, T5750 ou T7250), de 1 à 4 Go de mémoire vive DDR2 (à 667 MHz), une puce graphique intégrée Intel 3100, un disque dur de 160 à 320 Go (à 5400 tr/min), un lecteur de DVD ou Blu-Ray à chargement par fente et un tuner TV. Ces machines proposent une connectique complète avec ports USB (dont 2 en façade), port FireWire, réseau RJ45, connecteurs audio jack et optique, sortie DVI et HDMI et lecteur de carte mémoire, le tout dans une machine qui est d'après Dell 80% plus petite que la plupart des ordinateurs de bureau.

Enfin, ce concurrent du Mac Mini d'Apple dispose de coques interchangeables parmi lesquelles se trouve une coque en bambou soulignant le penchant écologique de la gamme. Les commandes sont d'ores et déjà ouvertes sur le site internet de Dell.

Famille Dell Studio Hybrid

23 juillet 2008

Quelques vérités sur le nucléaire

Les promoteurs du nucléaire, qui ont immensément plus accès aux médias que leurs détracteurs, en profitent pour tromper l'opinion publique avec des déclarations comme :

"Les énergies renouvelables ont une production négligeable par rapport au nucléaire" ou "L'énergie nucléaire est en plein développement sur la planète" ou encore "L'Allemagne prétend sortir du nucléaire, mais elle achète l'électricité nucléaire française".

Tout ceci est parfaitement faux. Il est nécessaire de faire connaître la vérité :

- Les énergies renouvelables produisent beaucoup plus que le nucléaire
- L'hydroélectricité produit à elle seule plus que le nucléaire
- Les statistiques officielles donnent au nucléaire une importance qu'il n'a pas
- Le nucléaire ne couvre que 2,5% de la consommation mondiale d'énergie
- Cette part, déjà très faible, va encore se réduire à l'avenir
- Depuis 4 ans, l'Allemagne est exportatrice nette d'électricité vers la France

Les éléments présentés dans ce document sont basés sur les données officielles et tout particulièrement sur les rapports publiés par l'Agence internationale de l'Energie (AIE) et par le Réseau de transport de l'électricité (RTE), filiale d'EDF. Autant dire qu'il s'agit d'organismes peu soupçonnables d'activisme antinucléaire…

1. Production des Enr
2. Statistiques
3. Avenir
4. Allemagne exportatrice
5. Conclusion



Références :

Agence internationale de l'Energie (AIE)
KEY WORLD ENERGY STATISTICS 2007 (basé sur les chiffres 2005)
http://www.iea.org/textbase/nppdf/free/2007/key_stats_2007.pdf

Réseau de transport de l'électricité (RTE-EDF)

RESULTATS TECHNIQUES DU SECTEUR ELECTRIQUE EN FRANCE

* 2007 : http://www.rte-france.com/htm/fr/mediatheque/telecharge/rtse_2007.pdf
* 2006 : http://www.rte-france.com/htm/fr/mediatheque/telecharge/rtse_2006.pdf
* 2005 : http://www.rte-france.com/htm/fr/mediatheque/telecharge/rtse_2005.pdf
* 2004 : http://www.rte-france.com/htm/fr/mediatheque/telecharge/rtse_2004.pdf

18 juillet 2008

Nouvelle fuite d'uranium signalée dans la Drôme

Source: Reuters


PARIS (Reuters) - Une fuite d'uranium, dont on ignore l'ampleur, a été signalée à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) jeudi par une usine franco-belge du groupe Areva, à Romans-sur-Isère (Drôme), apprend-on vendredi.

Areva assure qu'il n'y a aucune conséquence sur l'environnement. L'ASN ne se prononce pas. La fuite fait suite à la découverte le 7 juillet dernier d'une première fuite près de la centrale nucléaire de Tricastin, entre Drôme et Vaucluse.

La nouvelle fuite, constatée lors d'une opération d'entretien, durait depuis plusieurs années, reconnaît l'exploitant, la société FBFC, qui fabrique du combustible nucléaire à partir d'uranium.

L'ASN dit avoir constaté que la canalisation reliant un atelier de fabrication de combustible à une station de traitement n'était pas conforme à la réglementation.

Areva assure que la fuite est circonscrite au site et n'a "aucun impact sur l'environnement". L'entreprise propose de classer l'incident au niveau 1 de l'échelle internationale des événements, juste au-dessus du niveau zéro qui est le plus bas.

"Le dispositif de surveillance montre que cet incident n'a eu aucun impact sur l'environnement. La tuyauterie défaillante a été fermée par les équipes", explique Areva dans un communiqué.

L'ASN ne se prononce pas et annonce que des mesures vont être faites. L'usine franco-belge FBFC de fabrication de combustible a informé l'ASN jeudi vers 17h00.

Trois inspecteurs de l'ASN se sont rendus sur place et ont relevé que "la rupture de cette canalisation enterrée daterait, selon l'exploitant, de plusieurs années".

L'usine devait procéder vendredi au nettoyage de la zone contaminée, et l'ASN lui a demandé d'analyser la totalité des matériaux retirés pour évaluer les rejets en uranium.

"Les inspecteurs ont relevé la non-conformité de cette tuyauterie vis-à-vis des exigences de la réglementation applicable qui demandent une capacité de résistance aux chocs suffisante pour éviter toute rupture", ajoute l'ASN.

INSPECTIONS SUR TOUS LES SITES FRANCAIS

Le 7 juillet, une fuite était survenue à l'usine de retraitement Socatri, autre filiale d'Areva, sur le site de la centrale de Tricastin, après le débordement d'une cuve de rétention lors d'une opération de nettoyage.

Après cet incident, des taux anormaux d'uranium, qui semblent sans rapport apparent avec l'incident Socatri, ont été relevés dans l'environnement. Areva estime qu'il n'y a aucun rapport entre les deux affaires.

Des mesures conservatoires restreignant l'usage et l'accès à l'eau potable ont été prises à la suite du premier incident dans plusieurs communes et restent en vigueur.

La Socatri ayant pris plus de huit heures pour signaler l'incident à l'ASN, qui à son tour n'en a informé les autorités locales que six heures plus tard, l'affaire a suscité l'indignation des associations écologistes. Elles parlent de "rétention délibérée d'informations".

L'ASN a saisi la justice et Areva a annoncé jeudi le remplacement du directeur général de la Socatri. La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, s'est rendue à Tricastin et à FBFC vendredi.

Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a annoncé jeudi un contrôle des nappes phréatiques à proximité de toutes les centrales nucléaires françaises, qui produisent environ 80% de l'énergie électrique du pays.

L'association France nature environnement (FNE) ironise dans un communiqué sur le "Tour de France des accidents nucléaires" de l'ASN et estime que cette autorité n'est pas assez indépendante. La CGT a demandé dans un communiqué au Premier ministre d'organiser une "table ronde" sur la sûreté nucléaire.

A Bruxelles, Ferran Tarradellas, porte-parole du commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs, a déclaré que la Commission était en "contact étroit" avec les autorités françaises depuis l'incident de Tricastin et n'a pas exclu l'envoi d'inspecteurs sur les sites concernés.

Un système d'alerte européen oblige les Etats membres de l'UE à alerter leurs partenaires en cas de fuite radioactive qui risque d'avoir des conséquences sanitaires dans d'autres pays, comme la Slovénie l'a fait début juin.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

Efficacité énergétique : l'Europe s'attaque au mode « veille » des appareils électriques

Les appareils électriques devront bientôt respecter des exigences supérieures en termes d'efficacité énergétique notamment en mode veille pour être commercialisé en Europe. Les Etats membres ont en effet approuvé le règlement de la Commission.


© Darko Lazarevski



Les États membres de l'Union ont approuvé hier la proposition de règlement de la Commission européenne visant à réduire la consommation d'électricité, en mode veille, des appareils électroménagers et des équipements de bureau. Ce règlement découle de la directive 2005/32/CE sur l'éco-conception des produits. Il fixe les exigences d'efficacité énergétique que devront respecter tous les produits commercialisés en Europe dans le but de diminuer de 73 % d'ici à 2020, la consommation d'électricité en mode veille de ces appareils dans l'Union. Voilà un instrument concret qui permettra à l'Union d'atteindre ses objectifs en matière d'efficacité énergétique et de protection du climat, tout en permettant au citoyen de faire des économies, a commenté Andris Piebalgs, membre de la Commission chargé de l'énergie. Réduire la consommation en veille des appareils fait partie des mesures pour la mutation de notre modèle de consommation, a déclaré de son coté Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du territoire.

Voilà un instrument concret qui permettra à l'Union d'atteindre ses objectifs en matière d'efficacité énergétique et de protection du climat - Andris Piebalgs
Le règlement proposé s'applique à tous les appareils électriques utilisés à la maison et au bureau tels que les téléviseurs, les ordinateurs, les fours à micro-ondes, etc. Suivant les fonctionnalités du produit, la consommation maximale autorisée en mode veille sera limitée à 1 ou 2 watts d'ici à 2010. À compter de 2013, le niveau de consommation électrique admissible sera abaissé à 0,5 watt ou 1 watt, un seuil proche des niveaux réalisables avec les meilleures techniques disponibles. Les modalités de mise en œuvre graduelle laissent aux fabricants le temps nécessaire pour adapter leurs produits aux nouvelles exigences, explique la Commission.

À l'heure actuelle, la consommation d'électricité liée aux veilles des appareils avoisine les 50 TWh par an dans l'Union européenne. Selon un rapport publié par le service scientifique interne de la Commission européenne en 2007, cette consommation est en hausse : usage généralisé d'appareils comme le lave-vaisselle, le sèche-linge ou encore le climatiseur, essor de l'électronique grand public et des équipements informatiques et de communication, augmentation du nombre d'appareils détenus en double ou en triple exemplaire dans les ménages... En l'absence de toute action politique visant à contrer cette tendance, la Commission estime que cette consommation devrait encore augmenter fortement au cours des vingt à trente prochaines années.

À travers ce règlement, la Commission espère ainsi ralentir cette progression. La réduction de 73% de consommation prévue par ce texte équivaut à la consommation annuelle d'électricité du Danemark et représente une économie d'environ 14 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an. La commission espère de surcroît que les effets bénéfiques de cette réglementation se feront également sentir dans d'autres parties du monde car nombre des produits concernés sont vendus hors Europe.

Le règlement proposé va désormais être soumis au Parlement européen, dans le cadre de sa mission de contrôle. Il devrait être adopté formellement par la Commission courant 2008 et entré en vigueur à la suite. De nouvelles mesures sur l'écoconception applicables à d'autres catégories de produits verront le jour dans les prochains mois.

F.ROUSSEL
Actu-Environnement.com

16 juillet 2008

Abolir la SHON qui s’oppose à la construction durable.

La SHON – surface hors œuvre nette – sert de base depuis trente ans au calcul des densités autorisées, le coefficient d’occupation des sols étant le rapport entre la SHON et la surface du terrain. Elle sert par conséquent de base au calcul de la charge foncière (le prix du terrain), des taxes locales, du nombre de places de stationnement à réaliser… Aussi, l’intérêt du maître d’ouvrage, promoteur ou simple pétitionnaire, consiste-t-il à réaliser le moins de SHON pour le plus de SHAB (surface habitable) ou de S.U. (surface utile) possibles, car il paie la première, vend ou vit la seconde. Le rapport SHAB ou SU sur SHON est de fil en aiguille devenu la contrainte principale imposée aux concepteurs. Si cette contrainte est lourde pour l’architecture, elle n’a pas de sens pour l’économie de la construction, à l'inverse du rapport SHAB – SHOB (surface hors œuvre brute).

La SHON est un monstre bureaucratique dont les effets pervers vont à l’encontre de tous les idéaux actuels en matière d’architecture, d’urbanisme et de développement durable. L’idéologie qui la soutend est la lutte contre la densification des tissus urbains, or cette densification s’avère de nos jours une nécessité pour l’amélioration des logements comme pour la lutte contre l’étalement urbain.

Obscur et illisible dans la réalité, le calcul de la SHON intègre, par exemple, les loggias, mais pas les balcons ; les celliers, mais pas les caves ; les locaux techniques en étages courants, mais pas en sous-sol ou en terrasse, etc… Au gré des politiques de l’Etat, 5 m² sont retranchés par logement quelle que soit leur taille pour l’adaptation aux handicapés, ou 5% voire 20% pour l’isolation thermique des logements hautement performants du point de vue énergétique, mais pas des bureaux… La SHON a sans doute interdit en France le développement des doubles murs en façade, solution traditionnelle dans toute l’Europe du Nord qui assure la pérennité des façades et la suppression des ponts thermiques. Elle pénalise en outre l’usage des matériaux naturels épais comme la terre ou la pierre. Elle s’oppose en pratique aux solutions d’isolation performante et de récupération de chaleur comme les sur-isolations par l’extérieur avec bardage, les doubles peaux vitrées larges, les serres froides ou chaudes, les loggias fermées, les atriums. Elle renchérit le coût des espaces de distribution (halls, coursives…), et celui des locaux de déchets dont le tri sélectif augmente l’importance. Elle va à l’encontre de la ventilation naturelle qui nécessite de larges gaines. Le recours à la SHON comme surface de référence se retrouve même dans le calcul réglementaire thermique qui s’opère sur la base d’un ratio de consommation conventionnelle ramenée à la shon, alors que c’est une valeur très variable, etc.

Pour définir le montant de la charge foncière, l’usage de la SHON aggrave la hausse du coût du foncier. À titre d’exemple, dans une ZAC parisienne où la charge foncière affectée à un mètre carré de SHON est le double du prix de la construction du mètre carré utile, la réalisation d’une double façade augmentant la SHON de 7,5 % entraîne un surcoût global de 5 %, sans compter le surcoût de la construction. De nombreux PLU ne font plus référence à la SHON, et certains aménageurs comme Territoires à Rennes vendent la charge foncière en fonction des mètres carrés habitables. La précision des plans de permis de construire rendait d’ailleurs la vérification de la SHAB plus facile que celle de la SHON.

On peut espérer que le Grenelle de l’Environnement convoqué par le Ministre en charge de l’Urbanisme et de la Construction conduise à quelques réformes administratives. En voici une qui ne coûte rien et que tous les acteurs de la construction appellent de leurs vœux : la suppression de la SHON et son remplacement quand c’est nécessaire par la surface utile (la « surface louable ») des locaux de travail et par la surface habitable « chauffée » bien définie par la loi Carrez. Ces valeurs beaucoup plus pertinentes trouvent leur vérité dans la constance des dimensions de l’homme et de ses habitudes de vie sociale. Et pourquoi pas, à l’instar de certains voisins, passer au volume habitable, socialement plus équitable, énergétiquement plus exact ?




Christian Devillers et Philippe Madec, architectes urbanistes