30 octobre 2007

Lafarge, le développement durable a ses limites


D'un côté : les images du parc naturel de Bamburi, au Kenya, aménagé sur une ancienne carrière, ou bien la lande retrouvée de Dinmor, un site jadis exploité sur l'île d'Anglesey, au large du Pays de Galles... Autant de "bonnes pratiques" que le cimentier Lafarge se plaît à citer lorsqu'il met en avant son attachement au développement durable.


De l'autre : une histoire sans doute moins exemplaire, et au sujet de laquelle le numéro un mondial du secteur se montre plus discret. Elle concerne pourtant le "projet le plus ambitieux du groupe" : la cimenterie de Chatak, au Bangladesh, approvisionnée par un tapis roulant de dix-sept kilomètres de long qui achemine le calcaire extrait depuis la région du Meghalaya, en Inde. Un exploit tout aussi technique que diplomatique.

Or, fin avril, le ministère indien de l'environnement et des forêts a ordonné l'arrêt de l'extraction. Motif : Lafarge aurait omis de demander une autorisation lui permettant d'exploiter en zone forestière. Le cimentier assure que cette autorisation ne lui a jamais été réclamée. Et que, pour lui, la zone n'est pas forestière.

C'est sur ce point que porte la polémique. Le conservateur en chef des forêts, qui a porté plainte, estime en effet que la carrière et le rail d'évacuation sectionnent une forêt primaire qu'il convient de protéger pour sa biodiversité. Le rapport d'évaluation sur l'impact environnemental du projet, réalisé par le cabinet Environmental Ressources Management (ERM) et fourni par Lafarge, estimait, à l'inverse, que la zone possède " une diversité florale et botanique faible". Le différend a été porté devant la Cour suprême indienne, dont un premier avis est attendu aux alentours du 2 novembre.

Cette histoire est d'autant plus troublante que le cimentier est d'ordinaire cité en exemple. Le développement durable fait partie de sa carte de visite et pas un grand débat sur l'éthique des entreprises ne peut se tenir en France sans que son emblématique patron, Bertrand Collomb, devenu président d'honneur du groupe en mai, n'y soit convié.

PARTENARIAT AVEC LE WWF

L'angélisme n'est pas pour autant de mise. Le développement durable n'est pas pour Lafarge un luxe, mais une nécessité. "Il m'est très vite apparu que la poursuite de notre activité exigeait de se placer dans un cadre de responsabilité environnementale", explique Bertrand Collomb. La demande de ciment va exploser de 80 % d'ici à 2020, principalement dans les pays émergents, où le groupe réalise déjà la moitié de son chiffre d'affaires. Mais dans ces pays comme ailleurs, personne n'a envie de voir une cimenterie à sa porte : paysage détruit, bruit, vibrations, poussières, pollution...

En 2001, Lafarge a noué un partenariat avec le WWF, qui l'accompagne dans sa démarche de responsabilité. L'organisation non gouvernementale l'aide à préserver la biodiversité sur ses sites d'exploitation et suit ses efforts pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Lafarge qui, en 2006, a relâché dans l'atmosphère 93,5 millions de tonnes de CO2, soit autant que la Grèce, s'est engagé à réduire de 20 % d'ici à 2010 les émissions par tonne de ciment produite. A ce jour, l'entreprise déclare les avoir réduites de 14,2 %.

"Tout n'est pas parfait chez Lafarge, admet Jean-Paul Jeanrenaud, du WWF, mais Lafarge fait preuve de transparence." La position de l'ONG n'est pas confortable : dès que Lafarge est prise à partie quelque part dans le monde, c'est vers elle qu'on se tourne. Mais comment pourrait-elle être au courant de ce qui se passe dans les deux mille implantations de la multinationale ?

Lafarge, comme toutes les grandes entreprises françaises, publie chaque année un rapport de développement durable. Fait peu fréquent, elle y donne la parole aux ONG, dont les commentaires sont parfois critiques. Dans la limite des informations en leur connaissance, évidemment. Les commissaires aux comptes du cabinet Ernst & Young, qui certifient le rapport, n'ont, eux aussi, qu'une vision partielle de la situation. Ils le reconnaissent d'ailleurs prudemment, en précisant que leur travail ne couvre qu'un quart des initiatives de Lafarge dans le domaine environnemental. En 2006, leur certification repose sur la visite de seulement sept sites.

Les grandes ONG françaises admettent ne pas avoir les moyens de passer au crible le discours des multinationales. Et les cabinets d'audit et agences de certification sont soumis à des devoirs de réserve ou pris dans des relations de clientèle qu'ils reconnaissent sans difficulté.

Il faut finalement se tourner vers une religieuse passionnée par le monde de l'entreprise pour entendre une parole plus libre : Cécile Renouard, diplômée de l'Essec, soeur de l'Assomption, a fait sa thèse sur La Responsabilité éthique des multinationales (Presses universitaires de France, 2007). Elle a suivi Lafarge sur le terrain. "Le décalage existe entre le discours tenu au siège et la réalité des filiales, observe-t-elle. Les entreprises ont tendance à jouer sur la publication de leurs meilleures pratiques, sans se soucier de leur transposition dans d'autres pays au contexte différent sinon plus difficile. Lafarge comme les autres."

Laurence Caramel
Article paru dans Le Monde, édition du 30.10.07.

L'environnement, parent pauvre des rapports d'entreprises

Depuis 2003, les entreprises françaises cotées sont obligées de rendre compte de leur gestion sociale et environnementale dans leur rapport annuel. Mais, selon une étude du Centre français d'information sur les entreprises, qui a passé en revue ces rapports, très peu d'informations y sont en réalité données sur les risques environnementaux et leur prévention. "La question des rejets, des nuisances et des déchets fait curieusement défaut dans de nombreux rapports, même si les émissions de gaz à effet de serre font désormais l'objet d'une attention (presque) générale", note l'étude, qui décerne la meilleure note du "reporting environnemental" à Accor et à BNP Paribas.

29 octobre 2007

Le Bâtiment: chiffres clé

  • 28,35 milliards d'Euros, la facture énergétique s'envole

Elle augmente de 24% en 2004. C'est la conséquence directe de l'envolée des prix du pétrole et de la hausse de l'ensemble des combustibles importés.
Cependant, le taux d'indépendance énergétique reste stable, à 50,2% et le taux d'intensité énergétique primaire enregistre une baisse de 1,6%.

28,35 milliards d'Euros, la facture énergétique s'envole

  • Après la baisse de 2003, la consommation finale dans le secteur bâtiment progresse à nouveau légèrement de 0,3%

La consommation finale dans le résidentiel-tertiaire, en progression constante (+25,3%) de 1973 à 2002, et après une baisse de 2% en 2003 repart légèrement à la hausse pour s'établir à 69,8 Mtep en 2004.

Cette hausse est tirée par les consommations de gaz, 22,5 Mtep (+1,9%), et d'électricité, à 22,8 Mtep (+1,5%). À l'inverse, la consommation de pétrole poursuit sa baisse, 15,4 Mtep (-2,8%) de même que le charbon, 0,4 Mtep.

La consommation d'énergies renouvelables thermiques est également en perte de vitesse (-1%), 8,7 Mtep, résultat d'un recul du chauffage au bois.

Globalement, l'évolution de la consommation du résidentiel-tertiaire reste nettement en retrait par rapport à la tendance moyenne de progression de 1,2% observée depuis 1990. Ceci est essentiellement lié au ralentissement du pouvoir d'achat des ménages, au niveau élevé des prix de l'énergie, à la pression normative et réglementaire (RT2000) et à une prise de conscience des citoyens de l'importance de la maîtrise de l'énergie dans la lutte contre le changement climatique.


  • 547.6 TWh : la consommation finale totale dans le résidentiel, progresse faiblement (+0.5%)

En 2004, la consommation d'énergie finale, hors bois, est de 459.8 TWh. Le bois, 87.6 TWh, représente 16% de la consommation totale. La part du gaz continue de progresser tandis que le fioul perd, d'année en année, des parts de marché.

547.6 TWh : la consommation finale totale dans le résidentiel, progresse faiblement  (+0.5%)

  • 7 millions de ménages équipés d'un chauffage électrique souvent associé à un chauffage au bois

Malgré son coût d'utilisation élevé, le chauffage électrique pousuit sa progression notamment dans les logements récents.
En 2004, 7.1 millions de ménages se chauffent à l'électricité dont la consommation se stabilise à 40.6 TWh. Près de 60% déclarent l'utiliser en chauffage principal et plus de 30% en chauffage d'appoint.
Dans les maisons individuelles il est fréquemment associé à un chauffage au bois.


  • Dans le tertiaire la consommation finale totale, 218,5 TWh, et les consommations unitaires moyennes se stabilisent.

La superficie chauffée représente 839 259 000 m² dont 43,6% au gaz, 24% au fioul et 22,5% à l'électricité qui progresse de 1,5% en 1 an.

Dans le tertiaire la consommation finale totale, 218,5 TWh, et les consommations unitaires moyennes se stabilisent.

  • La consommation d'énergie du patrimoine communal représente une charge de 31,4 euros par habitant

La consommation totale d'énergie finale du patrimoine géré directement par les communes de la métropole est estimée à 29,8 milliards de kWh en 2000, toutes tailles de communes confondues, soit 510 kWh par habitant en moyenne .


  • 21% des émissions de gaz à effet de serre imputables en 2004 au secteur bâtiment

Le Pouvoir de Réchauffement Global (PRG) hors puits de carbone se stabilise en 2004, à 647 Mt équivalent CO2 (-0,2%). Le résidentiel-tertiaire contribue à 21% des émissions. En 2003, avec 492 kt, les émissions de SO2 continuaient leur baisse. Cette tendance se poursuit en 2004, avec 485 kt (-1,4%). Le secteur bâtiment représente 12% de ces émissions.

21% des émissions de gaz à effet de serre imputables en 2004 au secteur bâtiment

  • 362 887 logements mis en chantier en 2004

En 2004, la construction neuve connaît une forte accélération : 362 887 logements sont mis en chantier, contre 314 364 en 2003 (+15,6%). Ce niveau dépasse très largement celui de 1999, point culminant des dix dernières années.

Cette embellie profite également aux bâtiments non-résidentiels en 2004 : 36 628 milliers de m² sont mis en chantier, contre 35 640 milliers de m² en 2003 (+2,5%). Les surfaces autorisées ont cependant baissé de 1,1%.

362 887 logements mis en chantier en 2004

  • 105,4 Milliards d'Euros HT de chiffre d'affaires en 2004 pour les entreprises du BTP

En 2004 l'activité du secteur du bâtiment a généré un chiffre d'affaires de 105,4 milliards d'Euros HT, en progression de 4,5%, tiré par le dynamisme du secteur résidentiel (+6%), en particulier dans la construction (+10%).
Les effectifs dans le secteur sont estimés à 1 297 000 emplois dont 80% de salariés employés dans 287 000 entreprises.

  • 31 millions de tonnes de déchets

Les déchets du secteur du bâtiment représentaient en 1999 environ 31 millions de tonnes, soit une contribution de 5% au tonnage global des déchets produits en France.
Dans cette branche prédominent les produits inertes mélangés (36%), les associés isolants (14%),les associés plâtre (13%) et le béton armé (13%).

31 millions de tonnes de déchets

Données issues de l'ADEME:
http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12612

L'efficacité énergétique des bâtiments

Un contexte en évolution rapide
  • La contrainte environnementale
Le dernier rapport rendu par le groupe intergouvernemental d'experts pour l'étude du climat (GIEC) a confirmé le relèvement de la température moyenne de l'atmosphère terrestre de 1,5 à 6 °C d'ici à la fin du siècle. La valeur réelle dépendra essentiellement de l'importance et de la date d'application des politiques publiques mises en œuvre par les pays les plus consommateurs d'énergie.

Ce réchauffement a déjà provoqué des perturbations climatiques ayant des répercussions humaines gravissimes. Celles-ci seront de plus en plus importantes dans l'avenir. Pour limiter celles-ci et assurer le développement durable de nos sociétés, il est maintenant admis qu'il faudra diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle de la planète à l'horizon 2050.

  • Un objectif politique affirmé
En tenant compte de la marge de manœuvre très réduite des pays en voie de développement, dont les émissions vont s'accroître fortement, cela signifie diviser par quatre ou cinq les émissions des pays industrialisées en moins de cinquante ans. La France a d'ores et déjà inscrit cet objectif dans sa stratégie nationale de développement durable présentée en juin 2003 et dans son Plan Climat présenté en juillet 2004.

Tenir cet objectif permettra d'aboutir à une concentration supportable de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, évaluée à 450 parties par millions (ppm), contre 380 ppm actuellement et 280 ppm avant l'ère industrielle.

  • Conséquences pour le secteur bâtiment
Dans le secteur du bâtiment, la consommation moyenne annuelle d'énergie est proche de 400 kWh d'énergie primaire par m² chauffé. La contrainte de réduction des émissions de CO2, mais également la hausse inéluctable du coût de l'énergie liée à l'épuisement progressif des ressources, nécessiteront de parvenir à une consommation moyenne d'énergie primaire de l'ordre d'une centaine de kWh/m² en 2050 pour l'ensemble des bâtiments en service, dont environ 50 kWh/m² d'énergie primaire pour les usages de chauffage de locaux et de l'eau chaude sanitaire.

Le poids du secteur du bâtiment
  • Premier consommateur d'énergie

C'est en France le plus gros consommateur d'énergie parmi tous les secteurs économiques, avec 70 millions de tonnes d'équivalent pétrole. Soit 43 % de l'énergie finale totale et 1,1 tonne d'équivalent pétrole consommée annuellement par chacun d'entre nous.

Cette énergie consommée entraîne l'émission de 120 millions de tonnes de CO2 représentant 25 % des émissions nationales et 32,7 millions de tonnes de carbone. Cette quantité est du même ordre de grandeur que celle des déchets de chantiers de bâtiments ou des déchets des ménages. C'est aussi une demi-tonne de carbone émise dans l'atmosphère chaque année par chacun d'entre nous. Toutes ces valeurs devront être divisées par quatre en 2050.

  • Un secteur réputé lent à évoluer
Cependant le flux annuel de constructions (300000 logements et de 14 millions de m² de bâtiments tertiaires chauffés), le stock de bâtiments (près de 30 millions de logements et de plus de 814 millions de m² de bâtiments tertiaires chauffés) et leur très longue durée de vie constituent des caractéristiques à priori pénalisantes pour des progrès rapides du secteur.

Si cette rigidité du secteur et son inertie ont longtemps été considérés comme des handicaps par comparaison à des secteurs plus réactifs, tels que les secteurs de l'industrie ou des transports, on peut constater que le secteur du bâtiment est maintenant apprécié de façon beaucoup plus favorable.

Une vision nouvelle du secteur bâtiment
  • Un acteur clé

Le secteur du bâtiment se positionne dorénavant comme un acteur clé pour parvenir à résoudre les inquiétants défis environnementaux auxquels nous devons faire face.

Cette évolution est liée à une prise de conscience récente que ce secteur pourrait bien être le seul qui offre des possibilités de progrès suffisamment fortes pour répondre à nos engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

  • Des voies de progrès

On constate en effet que les voies de progrès dans le secteur du bâtiment peuvent être bien mieux identifiées maintenant qu'au cours des années passées. Ceci grâce à la valorisation de différents aspects :

  • les bâtiments peuvent utiliser plusieurs sources d'énergie, dont les énergies renouvelables. Ces énergies peuvent être combinées. Elles peuvent, le cas échéant, changer plusieurs fois sur la durée de vie du bâtiment ;
  • les travaux d'amélioration des performances énergétiques des bâtiments peuvent être programmés sur plusieurs années et cette évolution renforce à chaque fois la valeur patrimoniale du bien ;
  • les occupants des bâtiments ont des comportements d'usage relativement constants au cours du temps. Leurs besoins évoluent sur des cycles longs, sans rupture brutale, et peuvent raisonnablement être anticipés.
Plus d'informations:
http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12624

19 octobre 2007

Dell lance son concours pour l'écologie

Confirmant sa position de société high-tech respectueuse de l'environnement, Dell vient de lancer son concours « ReGeneration » ('International Green Computing Technology Design Competition').

Les amateurs, particuliers et étudiants en design, sont invités à proposer, de janvier à avril 2008, leurs projets de conception et d'innovation pour des « technologies vertes » qui limitent l'utilisation de certains produits et composants néfastes pour l'environnement. « Nous voulons que les meilleures idées des étudiants, des amateurs d'informatique et d'autres passionnés, aident les technologies à protéger notre environnement », a déclaré dans un communiqué Ken Musgrave, directeur en charge du design industriel chez Dell.

L'évènement est soutenu par l'Industrial Designers Society of America. En mai prochain, un jury d'experts sélectionnera 5 finalistes qui, chacun, recevront 10.000 dollars. Le projet plébiscité par le vote des internautes sera également récompensé. Cette initiative du fabricant américain de PC fait suite à la présentation récente de sa politique de diminution des émissions de gaz carbonique (composants moins gourmands en énergie et utilisation d'énergies renouvelables).

Article issu de Clubic

ÉLECTRICITÉ PHOTOVOLTAÏQUE: Bilan énergétique

L'électricité produite par une installation photovoltaïque est sans pollution, il n'y a pas d'émissions de gaz à effet de serre ou de déchets. Les avantages environnementaux sont immenses ; mais, il faut fabriquer, installer et éventuellement recycler les composants du système.

Donc la question : Quel est le bilan énergétique d'un système Photo ?

Ou : Pendant combien de temps un panneau photovoltaïque doit-il fonctionner afin de remplacer l'énergie utilisée pour sa fabrication?

La réponse à ces questions a été le sujet de plusieurs études (voir Références en bas de page), en bref :

- Il faut de 2 à 4 ans pour un système Photovoltaïque utilisant des cellules poly cristallines. Les variations sont dues au climat local et à l'inclinaison des modules (en toiture ou en façade)

- Il faut moins de 3 ans pour un système Photovoltaïque utilisant des modules photovoltaïques amorphes.

Avec une durée de vie de 30 ans, on peut dire qu'un système photovoltaïque va produire de l'électricité sans aucune pollution pendant près de 90% de sa vie.


Bilan énergétique d'un système solaire photovoltaïque raccordé au réseau

La consommation d'énergie nécessaire pour la fabrication de systèmes photovoltaïques est comparable avec l'énergie consommée dans l'extraction, le transport et le raffinage des énergies fossiles, mais celles-ci vont ensuite produire des déchets et contribuer à la pollution.

Une étude (publiée en avril 2006) réalisée par l'Agence International de l'Énergie et la fédération de l'industrie photovoltaïque européenne (EPIA), donne une analyse comparée du bilan énergétique de systèmes photovoltaïques dans le monde.

Les conclusions de l'étude pour la France



PARIS LYON MARSEILLE
toiture façade toiture façade toiture façade
Production annuelle (kWh/kWc) 872 595 984 632 1.317 878
Temps de retour énergétique en années 2,9 4,3 2,6 4,0 1,9 2,9

D'après le document en anglais "Compared assessment of selected environmental indicators of photovoltaic electricity in OECD cities. "Voir Brochure-indicateurs_26_pays.pdf


L'énergie grise

On appelle " énergie grise" l'énergie nécessaire pour permettre la consommation de l'énergie utile

Si l'on prend l'exemple du chauffage à mazout, la mesure du niveau du réservoir constitue la seule indication de la consommation d'énergie qui est fournie. Mais a cette consommation directement perceptible s'ajoutent les éléments suivants:
- production du carburant (extraction et transport du pétrole, raffinage, désulfuration, livraison)
- construction de la chaudière à mazout (fabrication, chauffage et éclairage des usines correspondantes)
- construction des infrastructures (réservoir à mazout et cheminée, énergie électrique pour l'exploitation de la chaudière et des pompes de circulation)
- entretien du système de chauffage (pièces de rechange, ateliers de service technique, ramoneur, contrôle officiel des valeurs d'émission)
- élimination ou recyclage (chaque étape du processus produit des déchets).

La somme de l'énergie consommée pour ces besoins annexes est appelée "énergie grise" et il faut une certaine quantité afin de produire de l'énergie utile. Cependant, le rapport entre l'énergie grise et l'énergie utile est positif pour les énergies renouvelables et négatif pour tous les autres supports énergétiques.

Quel est l'énergie grise incorporée dans l'installation et l'utilisation d'un système photovoltaïque ?

Les cellules photovoltaïques mono et polycristallines sont fabriqués à partir de tranches de silicium cristallisé. La purification et la cristallisation de silicium sont les parties du procédé de fabrication qui demandent le plus d'énergie. Ensuite, il faut couper le cristal en tranches et les assembler en module.

Le calcul de l'énergie consommée pendant ce procédé est complexe car l'industrie photovoltaïque récupère une partie du silicium de l'industrie micro-électronique et d'autres facteurs concernant le conditionnement entre en jeu. L'énergie nécessaires pour la fabrication et l'installation d'un système photovoltaïque raccordé au réseau est estimée à environ 600 kWh/m2.

Dans le cas le modules photovoltaïques amorphes, très peu de matériau semi-conducteur est utilisé et c'est la fabrication du support de la couche mince qui demande la plus grande quantité d'énergie. L'énergie nécessaires pour la fabrication et l'installation d'un système photovoltaïque raccordé au réseau est estimée à environ 420 kWh/m2.

La croissance constante du marché mondial encourage l'industrie photovoltaïque à améliorer les performances des modules et des procédés de fabrication industrielle. Ainsi la part d'énergie grise diminue par rapport à la productivité globale.


L'énergie grise incorporée dans les systèmes photovoltaïques
mesurées en années de production, suivant les techniques
actuelles et les techniques prévisibles dans un avenir proche.
D'après le NREL, Ministère de l'Énergie des Etats-Unis

Et les éoliennes ?

Les éoliennes les plus performantes produisent jusqu'à 35 fois plus d'énergie qu'il a fallu consommer pour leur fabrication.
D'après une étude (avril 2005) du fabricant Vestas au Danemark:
- L'éolienne "off shore" V90 de 3 MW produit l'énergie nécessaire pour sa fabrication dans 6,8 mois et elle est conçue pour fonctionner 20 ans. Pendant ces 20 ans, elle doit produire 280.000 MWh et ainsi évite l'émission de 230.000 tonnes de CO2 (par rapport aux émissions d'une centrale thermique au charbon utilisée au Danemark, et en France pendant l'hiver).
De plus, la plupart des composants de l'éolienne peuvent être recyclés en fin de vie.

Recyclage des panneaux photovoltaïques

La plus ancienne centrale solaire allemande de 600 kW, sur l'Île de Pellworm dans la mer du Nord a dépassé la durée de vie prévue de 20 ans, et sera réhabilité.
L'entreprise Solar World AG (www.solarworld.de) propose de recycler les modules
photovoltaïques fabriqués par AEG-Telefunken en 1983. Les panneaux seront d'abord fondus afin de séparer les composants. Ensuite, les cellules en silicium seront soumises à un procédé de purification qui va permettre leur réutilisation dans des nouveaux modules photovoltaïques.

Ces nouveaux panneaux photovoltaïque auront une garantie de 25 ans et l'énergie grise incorporée seront nettement inférieure aux panneaux avec des composants neufs.

Quelques références sur le web

Une étude (publiée en avril 2006 en anglais) réalisée par l'Agence International de l'Énergie et la fédération de l'industrie photovoltaïque européenne (EPIA) "Compared assessment of selected environmental indicators of photovoltaic electricity in OECD cities. "Voir Brochure-indicateurs_26_pays.pdf

Un document de synthèse en anglais sur le site du NREL (National Renewable Energy Laboratory) qui est un laboratoire du Ministère de l'Énergie des Etats-Unis. http://www.nrel.gov/docs/fy04osti/35489.pdf

L'énergie "grise" (Markus May, Sonnen Energie - No6/97, décembre 1997) http://membres.lycos.fr/yvesrenaud/Ecologie/grise.html

Et le site de Jean-Marc Jancovici avec des chiffres et des idées concernant l'énergie et le réchauffement de la planète http://www.manicore.com/documentation/environnement_prospective.html



Etude issue du site: http://www.outilssolaires.com/pv/prin-bilan.htm

15 octobre 2007

Iphone: Apple de nouveau épinglé par Greenpeace

Dernière provocation en date de l'organisation écologiste Greenpeace : une vidéo qui fustige Apple pour avoir utilisé dans son téléphone mobile iPhone des composants chimiques jugés dangereux que d'autres fabricants comme Nokia ou Motorola ont déjà éradiqué de leurs produits. Greenpeace tance vertement Apple et Steve Jobs, lequel publiait en mai dernier une lettre ouverte dans laquelle il se félicitait des progrès accomplis par la firme en matière de respect de l'environnement.

Greenpeace explique avoir disséqué un iPhone et découvert que l'appareil contenait des agents ignifuges bromés, concentrés dans l'antenne jusqu'à représenter 10% de son poids total, ainsi que des phtalates toxiques, localisés dans le revêtement plastique des écouteurs. L'organisation remarque par ailleurs que la batterie de l'iPhone, collée à l'intérieur du boitier, se prête particulièrement mal à l'extraction, ce qui risque de poser problème au moment du recyclage des combinés usagés.

En conséquence, Greenpeace appelle Apple à respecter les engagements formulés par Steve Jobs et à faire au moins aussi bien que ses concurents Nokia, Motorola ou Sony Ericsson, qui ont déjà avec succès évincés certaines substances dangereuses de leurs téléphones mobiles.

http://www.youtube.com/watch?v=dBF_AkaXRG4

Brève issue de clubic.
Publié pour le Blog Action Day

Les prix du développement durable (3): Prix international d'architecture durable

Le développement durable aura été à l'honneur durant le mois de septembre 2007, avec l'avènement de trois nouveaux prix: le Zumtobel group award, décerné le 14 septembre 2007 au Kunsthaus de Bregenz; les Grands prix du salon Ecobuilding à la porte de Versailles, le 18 septembre 2007 et le Prix international d'architecture durable, dont le jury s'est réuni dans la Villa Savoye le 24 septembre 2007.

En détails:

  • Prix international d'architecture durable

Lundi 24 septembre 2007 le jury du prix international d'architecture durable « Collection manifeste d'architecture du XXIème siècle en Seine Aval » réuni à la Villa Savoye à Poissy a désigné son lauréat, l'architecte autrichien Hermann KAUFMANN, pour la construction de la 1ère maison du musée à ciel ouvert de la Seine aval dans les Yvelines.
Un prix spécial du jury a été décerné à l'architecte indien Balkrishna DOSHI

En avril 2006, le Conseil général des Yvelines, l'Etablissement public d'aménagement du Mantois Seine Aval (EPAMSA) et la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, ont lancé un prix international d'architecture durable : la « Collection manifeste d'architecture du XX° siècle en Seine Aval ». Il vise à récompenser un architecte pour son travail en termes de développement durable. Chaque année, le lauréat de ce grand prix d'architecture construira dans l'une des 51 communes de Seine-aval, une habitation témoin de sa réflexion en matière d'architecture durable. En 2058, ce seront donc 51 maisons qui marqueront la Seine-Aval d'une empreinte architecturale sans précédent, dans les pas de Le Corbusier et sa Villa Savoye à Poissy ou de Mallet-Stevens avec la villa Paul Poiret, à Mézy-sur-Seine.

La cérémonie de remise du prix s'est déroulée en présence de Pierre Bédier, Président du Conseil général des Yvelines, François de Mazières, Président de la Cité de l'architecture et du patrimoine, Nicolas Samsoen, Directeur général de l'Etablissement Public d'Aménagement du Mantois Seine-aval, des membres du jury et des 5 architectes nominés.

La collection manifeste d'architecture du XXième siècle en Seine Aval : un projet "éco-culturel" pour le territoire des Yvelines

Le prix international d'architecture durable « collection manifeste d'architecture du XXIème siècle en Seine Aval » porté par l'EPAMSA, la Cité de l'architecture et du patrimoine et le Conseil général des Yvelines est avant tout un projet pour le territoire de la Seine Aval, situé sur la partie nord du département des Yvelines. Il s'inscrit dans le cadre de l'OIN décidée le 6 mars 2006 dont l'objectif est de faire du territoire de la Seine Aval, puissant pendant les Trente Glorieuses, puis lourdement frappé par la désindustrialisation et marginalisé par la dynamique des villes nouvelles, un espace de développement de premier plan.

Au plan local, l'OIN Seine Aval est née d'une volonté de revanche, d'une mobilisation collective des habitants, des élus, des décideurs de ce territoire et de celle en particulier du Président du Conseil général, Pierre Bédier, qui en est l'initiateur. Ce projet doit permettre le rééquilibrage avec les autres territoires Yvelinois, conformément aux orientations du Schéma départemental pour un développement équilibré des Yvelines (SDADEY).

Pour ce qui est du prix international d'architecture durable, la collection des 51 constructions qui va constituer progressivement un véritable musée à ciel ouvert, a pour ambition de contribuer au projet de développement et de renouveau du territoire porté de l'OIN.
Ce projet unique au monde dans sa durée, son ambition et sa nature va en effet permettre de marquer la Seine Aval d'une emprunte nouvelle basée sur un patrimoine architectural exceptionnel et exemplaire en terme de développement durable.
Au-delà, il va faire bénéficier à l'ensemble du territoire des Yvelines d'un rayonnement culturel international nouveau.
Pour le Conseil général, ce projet est particulièrement représentatif de la volonté départementale d'agir pour un développement intelligent et durable du territoire.


« Durant 30 ans, a été fait sur le territoire de Seine Aval tout ce qu'il ne fallait pas faire en termes de développement durable. On a fait du développement consommateur d'énergie, gaspilleur d'espaces et massacrant les paysages donc aujourd'hui, l'idée est d'inverser tous ces principes en Seine Aval et plus largement dans l'ensemble du département des Yvelines.

La Seine Aval doit désormais devenir exemplaire en matière de développement durable. Il faut bien sûr penser au patrimoine que nous laisserons aux générations futures

Je crois en la puissance des oppositions pour créer l'étincelle, pour créer l'image et c'est pour cela que nous nous engageons dans ce défi : faire qu'ici où le développement n'était pas durable, il le devienne enfin.

Pour le Conseil général des Yvelines, cette opération est, avec le musée Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye et l'Abbaye de Port Royal, l'un de nos projets culturels phares. »

Le Président du Conseil général


Publié pour le Blog Action Day