22 mai 2008

La performance énergétique s’affiche sur les petites annonces immobilières


Pour encourager le déploiement du DPE et sa prise en compte par les acquéreurs, les professionnels de l’immobilier s’engagent à afficher les performances énergétiques des biens sur les petites annonces de ventes et de location.


Etiquette énergie/CO2 pour les batiments:



Suite à la signature d’une convention hier matin avec Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire, les professionnels de l’immobilier s’engagent à encourager leurs agences à afficher sur les annonces la classe énergétique des biens qu’ils vendent ou louent. Cette étiquette énergie découle du diagnostic de performance énergétique mis en place en 2006 et désormais obligatoire pour toute transaction immobilière. Ce document établi par un professionnel à chaque vente ou location de biens immobiliers doit informer sur la consommation annuelle d’énergie du bien et sur les coûts et les émissions de gaz à effet de serre associés. Cette consommation permet de classer les biens de la classe A pour les bâtiments peu consommateurs (inférieure à 50 kwh par m² par an) à la classe G pour les bâtiments très consommateurs d’énergie (plus de 450 kwh/m2/an). Mais réglementairement le vendeur ou le loueur n’est pas tenu de fournir ce document.
Actuellement, tout le monde, propriétaire, locataire, gestionnaire ou occupant de bâtiment public, ne peut connaître la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre du bâtiment qu’il veut acheter, louer ou fréquenter qu’au moment de la signature, autrement dit lorsque le choix du bien est déjà fait. Désormais, la classe énergétique du bien devrait être visible sur les annonces immobilières en vitrine, dans les catalogues et sur les sites Internet. Cet affichage devrait être progressif avec 10% des agences sensibilisées en 2008, 25% en 2009 et jusqu’à 90% en 2012.
Sachant que la majorité des transactions immobilières se font à travers des professionnels (agences, notaires), le ministère espère ainsi que la performance énergétique deviendra un critère de choix majeur pour les acheteurs ou loueurs et que cela encouragera à termes les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation.

Reste à savoir si les propriétaires ou bailleurs voudront bien afficher cette information car selon une enquête du groupe PAP sur la performance énergétique réalisée en septembre 2007 sur un échantillon de 450 logements en Ile-de-France, deux biens sur trois sont classés entre F et G en termes de performance énergétique et aucun n'appartient à la catégorie A !
Les professionnels du secteur se sont d’ailleurs engagés à informer et sensibiliser leurs clients sur les enjeux de l’amélioration de la performance énergétique des biens immobiliers et de la lutte contre l’effet de serre. Une opération de sensibilisation baptisée « Stop Carbone » a d’ailleurs été lancée par l’association Human Village et plusieurs partenaires : les agences immobilières ERA Immobilier, le réseau de diagnostiqueurs certifiés AGENDA et l’association de professionnels spécialistes du confort thermique PROMODUL. Le but de l’opération consiste à inciter le grand public à la réalisation de travaux.
"Nous comptons proposer des solutions de financement avantageuses qui mettent en lumière le gain financier à terme pour le foyer. En effet, nous devons faire apparaître qu'un euro dépensé doit être un euro qui rapporte", expliquent les partenaires. À partir de janvier 2009, le message sera également destiné aux entreprises, collectivités et administrations.

Par ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre des engagements du Grenelle, plusieurs textes législatifs concernant le DPE ont été publiés ou vont l’être prochainement. L’arrêté du 21 septembre 2007 a par exemple élargi l’obligation du DPE aux bâtiments neufs dont le permis de construire a été déposé après le 1er juillet 2007. L’arrêté du 7 décembre 2007 stipule quant à lui que les gestionnaires des bâtiments publics importants doivent afficher le DPE dans le hall d’accueil du bâtiment, de manière visible du public. L’arrêté du 18 décembre 2007 par ailleurs prescrit la réalisation systématique, pour les bâtiments neufs de plus de 1.000 m², d’une étude de faisabilité de diverses solutions d’approvisionnement en énergie de leur projet de bâtiment, avant le dépôt de la demande de permis de construire.
En outre, deux nouveaux textes ont été publiés en mai 2008. L’arrêté du 6 mai confirme l'approbation de diverses méthodes de calcul pour le diagnostic de performance énergétique tandis que le décret du 15 mai 2008 relatif au diagnostic de performance énergétique modifie le code de la construction et de l'habitation au regard de ce nouvel outil.
Un prochain arrêté, qui sera prochainement publié au Journal officiel, devrait fixer des objectifs de performance énergétique à atteindre lors des travaux importants de rénovation thermique. "Désormais, tout le monde, propriétaire, locataire, gestionnaire ou occupant de bâtiment public, peut connaître la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre du bâtiment qu’il veut acheter, louer ou fréquenter", a déclaré Jean-Louis Borloo.

Mais pour l’association de protection de la nature Les Amis de la Terre, l’information à travers l’étiquette énergie/co2 reste insuffisante. "Nous avons attendu trop longtemps pour inciter de façon efficace les particuliers à isoler leur logement et ainsi réduire leur consommation d’énergie" explique Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne Changements climatiques aux Amis de la Terre. Nous n’avons plus d’autre choix que de rendre obligatoire la rénovation thermique des logements à chaque transaction immobilière, en vente ou location, à hauteur de 80 kWh/m²/an" estime-t-elle. L’association souligne surtout l’impérieuse nécessité de mettre en place des outils financiers efficaces pour que puisse être mené à bien un tel programme de rénovation. "Les propriétaires les plus pauvres doivent bénéficier d’aides directes conséquentes, et les locations doivent faire l’objet de rénovation de qualité au même titre que les logements occupés par leur propriétaire" précise Cyrielle den Hartigh,

Rappelons qu’en France le secteur du bâtiment consomme 43% de l’énergie disponible et est à l’origine d’au moins 21% des émissions de CO2 nationales soit 120 millions de tonnes. Dans ce secteur, l’objectif « facteur 4 » que s’est fixé la France signifie qu’à partir d’une consommation moyenne de 400 kWh/m2/an actuellement, il faut parvenir à une consommation moyenne de 100 kWh/m2/an d’ici 2050 pour l’ensemble du parc dont environ 50 kWh/m2/an uniquement pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire (ECS).

F.ROUSSEL pour Actu-environnement

17 mai 2008

Le projet de loi sur les OGM est rejeté... mais pas enterré !

Contre toute attente, les députés ont finalement rejeté aujourd'hui et à l'occasion de la deuxième lecture, le projet de loi sur les OGM : panel de sentiments à chaud recueilli sur le perron du Palais Bourbon.


Après l'adoption de justesse - 136 contre 135 – d'une motion de procédure défendue par André Chassaigne (PCF), les députés ont finalement rejeté aujourd'hui à l'occasion de la deuxième lecture, le projet de loi sur les OGM. Pour retrouver un équivalent dans l'histoire de l'Assemblée, il faut remonter aux débats sur le PACS !

La nouvelle du rejet a immédiatement réjoui la centaine de manifestants réunie pour l'occasion devant le Palais Bourbon à l'initiative notamment des Amis de la Terre, Greenpeace, Attac, Confédération paysanne ou encore de la Fédération nationale d'agriculture biologique.

Rapidement, des députés opposés au texte tels qu'Yves Cochet (Verts), Noël Mamère (Verts), André Chassaigne (PCF) etc… se sont mêlés aux manifestants représentants de la société civile à l'instar de José Bové.

Pour Noël Mamère, si c'est une surprise autant qu'un désaveu pour le gouvernement le rejet de ce texte est un bel exemple de démocratie.

C'est une sanction ! Le Gouvernement n'a pas voulu accepter le dialogue jusqu'au bout sur ce projet de loi concernant les OGM, a lancé Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC).

Pour Gilles Lemaire, membre d'Attac et faucheur convaincu d'OGM, c'est une profonde émotion qui appelle à changer radicalement l'agriculture. Pour lui, ce n'est pas un hasard, que de nombreux députés UMP* ne se soient pas déplacés pour voter, mais plutôt une tendance à laisser le texte s'échouer du fait de leur absence.

Pour Sergio Coronado, conseiller technique à l'Assemblée et ancien porte parole national des Verts, les 810 amendements – référence au MON 810 – ont portés leur fruit contre les pressions économiques et financières effectuées par les grands groupes de l'agrochimie.

Pour Yves Cochet (Vert) également enthousiaste, la prudence reste tout de même de mise et le député en appelle au Gouvernement qui doit comprendre que les OGM : c'est fini !.

En effet : l'examen de ce texte s'achève même si le Premier ministre, François Fillon, a rapidement annoncé une convocation de la Commission mixte paritaire Sénat-Assemblée composée de sept députés et sept sénateurs. Le but est de soumettre à nouveau le texte au vote des deux chambres. Ainsi, pour FNE, à cette heure-ci, il est encore trop tôt pour savoir si le projet de loi dans sa rédaction actuelle sera modifié en profondeur ou non. Greenpeace s'est d'ores et déja déclaré prêt à répondre à n’importe quelle sollicitation pour travailler activement à la rédaction d’une loi qui protège effectivement l’agriculture des risques des OGM.

C.SEGHIER et M.DUCHESNE
article publié pour Actu-environnement
*Sur les 316 membres du groupe UMP, 130 étaient présents au moment du vote.

# Lien vers le site de l'Assemblée Nationale

15 mai 2008

Philippe Starck présente à Milan une éolienne pour M. Tout-le-monde

MILAN (AFP) - Le designer français Philippe Starck présente à Milan le prototype d'une éolienne de petite dimension, "abordable et démocratique", destinée à M. Tout-le-Monde et qui peut être installée dans un jardin, voire sur une terrasse.

Philippe Starck, éolienne Pramac 2008
Photo : PHILIPPE S+ARCK NETWORK


"Cette éolienne individuelle, abordable et démocratique", comme la définit lui-même le designer, a été conçue en collaboration avec le groupe italien Pramac, un fabricant de groupes électrogènes traditionnels, récemment réorienté sur les énergies renouvelables.

Ressemblant à un fouet de cuisine, épuré en polycarbonate avec moteur intégré, l'objet est remarquable par sa simplicité.

"J'ai pu faire une éolienne quasiment invisible, car on n'en voit que les reflets. C'est une sculpture moderne assez étonnante", a raconté le designer dans un entretien lundi au quotidien français Le Figaro.

"Réalisée dans un matériau ultra-léger, reliée à un accumulateur, qui produit de l'énergie électrique, elle est très facile à utiliser. Et devrait être commercialisée dès septembre prochain", a déclaré à l'AFP Michelangelo Giombini, du magazine de design "Interni", organisateur de Green Energy Design.

Cette manifestation réunit jusqu'à mercredi divers projets de design autour du thème des énergies durables, dont le prototype de cette éolienne.

"L'idée, c'est de donner à tous la possibilité de produire sa propre énergie, comme lorsqu'on installe des panneaux solaires sur le toit de sa maison. Mais dans le cas de cette éolienne, produire sa propre énergie devient encore plus facile, car le prix en est beaucoup plus abordable et l'installation en est toute simple. il suffit d'avoir un bout de jardin ou même une terrasse", poursuit l'organisateur.

"En fonction de sa taille - il y en a six-, elle traite entre 10 à 60% des besoins énergétiques individuels. Et elle vaut entre 300 et 400 euros", a précisé Philippe Starck au Figaro.

Le designer, qui a suscité un grand intérêt à Milan avec sa dernière invention, travaille également sur de nombreux autres projets au sein du "département de haute technologie pour la démocratisation de l'énergie", qu'il a créé il y a quelques mois avec l'italien Pramac: des bateaux totalement solaires à la voiture électrique en passant par des panneaux photovoltaïques transparents.

Interview au Figaro
Groupe Pramac

6 mai 2008

Détails du premier projet de loi validant les engagements du Grenelle

Les mesures prises à l'issue du Grenelle de l'environnement ont été traduites dans un premier projet de loi. Bâtiment, énergie, transport, biodiversité… Détails des grandes orientations et des principaux objectifs à atteindre.

Après plusieurs mois de travail, le projet de loi de programmation chargé de traduire dans le langage législatif les conclusions du Grenelle de l'environnement a été présenté aujourd'hui par le gouvernement. Il regroupe un ensemble d'engagement et d'objectifs généraux dans les domaines du bâtiment, de l'énergie, des transports, de la biodiversité, etc.

Lutte contre le changement climatique

Dans ce projet de loi la France réaffirme plusieurs objectifs en terme de lutte contre le changement climatique : diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, devenir l'économie la plus efficiente en carbone de l'Union Européenne d'ici 2020, participer à la réalisation de l'objectif d'amélioration de 20% de l'efficacité énergétique de l'Union européenne et porter la part des énergies renouvelables à au moins 20% de sa consommation d'énergie finale d'ici à 2020.
Ces objectifs se traduiront par la mise en place d'un ensemble de mesures notamment dans le secteur du bâtiment. Ainsi tous les bâtiments publics et tertiaires devront être construits en « bâtiment basse consommation » en 2010. Tous les permis de construire déposés seront assujettis à la norme « bâtiment basse consommation » fin 2012 et à la norme « énergie positive » en 2020. Les dispositifs d'aide à l'accession à la propriété seront selon les cas, conditionnés ou modulés en fonction de la performance énergétique des bâtiments. Côté rénovation, l'objectif est de réduire la consommation énergétique du bâti existant de 38% d'ici 2020. Tous les bâtiments de l'Etat et les établissements publics seront donc soumis à un audit énergétique d'ici 2010 et devront engager la rénovation au plus tard en 2012.
Les logements sociaux ne sont pas oubliés et leur rénovation devra atteindre des niveaux de consommation faible (entre 90 et 150 kWh/m2). Pour la rénovation du parc privé, l'Etat prévoit des incitations notamment une modification du crédit d'impôt pour les équipements et un prêt à taux zéro pour financer les travaux.

Au sujet des transports, l'objectif retenu est de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 20 % d'ici 2020 autrement dit revenir au niveau de 1990. Pour le transport de marchandises, il est notamment prévu de faire passer la part de marché du fret non routier à 25% d'ici 2012 contre 14% aujourd'hui. Pour cela, l'Etat mise sur la création de trois nouvelles autoroutes ferroviaires, de deux autoroutes de la mer (façade atlantique et façade méditerranéenne), du canal grand gabarit Seine-Nord-Europe et sur l'amélioration de la compétitivité des ports français. En parallèle, les poids lourds seront assujettis à une taxe kilométrique à compter de 2011.
Pour le transport de voyageur, le projet de loi prévoit par exemple le lancement de 2.000 kilomètres de lignes à grande vitesse d'ici 2020 et une rocade de métro automatique autour de Paris. Le projet encourage également la transparence de l'information en matière de nuisances aériennes et l'acquisition de véhicules particuliers moins émetteurs pour que les émissions moyennes de CO2 de l'ensemble du parc de véhicules particuliers soient ramenées à 130 gCO2/km en 2020.

Côté énergie, les EnR sont plébiscitées et l'objectif est clair : 20% d'énergies renouvelables en 2020 contre 10,3% en 2005 soit une hausse de 20 Mtep. Même si le projet de loi ne fait plus référence aux objectifs européens, les biocarburants seront de la partie notamment avec ceux de deuxième génération. La recherche est d'ailleurs encouragée particulièrement dans le domaine des énergies. Il est prévu par exemple d'allouer des moyens supplémentaires à hauteur d' 1 milliard d'euros sur 4 ans. L'objectif est de porter en 4 ans, les dépenses de recherche en matière de technologies propres au même niveau que les dépenses de recherche en matière de nucléaire civile.

Biodiversité et milieux naturels

Question biodiversité, le projet prévoit de placer sous protection 2% du territoire en 10 ans à travers les parcs nationaux, les zones humides et les aires marines. Un plan de conservation des espèces végétales et animales en danger d'extinction devrait voir le jour d'ici 5 ans. L'idée d'une trame verte et d'une trame bleue est confirmée dans le projet de loi ainsi que la création d'un observatoire de la biodiversité.
Le bon état écologique des eaux à atteindre en 2015 devrait l'être notamment grâce à l'achèvement des mises aux normes des stations d'épuration et la mise en œuvre d'un plan d'action pour protéger les captages d'eau les plus menacés.

Côté agriculture, on retrouve les cibles retenues lors du Grenelle avec l'objectif de 15% de produits bio dans la restauration collective publique en 2010 et 20% en 2012 et l'objectif de 50% des exploitations agricoles engagées dans une démarche de certification environnementale en 2012. L'objectif de retrait des pesticides les plus préoccupants à hauteur de 30 substances d'ici fin 2008 et 10 d'ici fin 2010 est confirmé. Il est même prévu de réduire de moitié en 10 ans les usages de produits phytopharmaceutiques.
Cependant, certains objectifs ont été allégés : l'objectif pour agriculture biologique est d'atteindre 6% de la surface agricole utile en 2013 contre 2010 initialement. Le crédit d'impôt en faveur de l'agriculture bio destiné à favoriser la conversion des exploitations agricoles vers le bio sera doublé en 2009 contre 2008 prévu initialement.

Prévention des risques pour l'environnement et la santé

Les principes de précaution, substitution, participation et pollueur-payeur sont réaffirmés. Le projet prévoit également l'élaboration d'un 2ème plan santé environnement en 2008, un plan de réduction des particules et l'étiquetage obligatoire des produits de construction et de décoration pour la qualité de l'air intérieur.
Concernant les déchets, il s'agit de réduire la production de 5 kg par an et par habitant pendant 5 ans et d'augmenter le taux de recyclage. Pour cela, l'Etat mise par exemple sur la redevance incitative, le développement de filières spécifiques et la méthanisation.

L'Etat se devra d'être exemplaire

Le projet de loi fixe en effet une série d'objectifs à l'Etat : de la réduction de la consommation de papier au bio dans les cantines en passant par la réalisation de bilan carbone, l'Etat est fortement sollicité pour monter l'exemple. Des modifications dans la gouvernance sont également à prévoir : nouveau statut au bénéfice des acteurs environnementaux non gouvernementaux, réforme des institutions, réforme des enquêtes publiques et du débat public pour améliorer la participation… Une réforme du droit des entreprises et du droit du travail est également présentée avec notamment l'inclusion d'informations relatives au développement durable dans les rapports annuels, l'extension des obligations de la loi NRE à d'autres entreprises et l'obligation pour les sociétés de plus de 250 salariés de réaliser un bilan énergétique dans un délai de 5 ans.
Côté consommation, l'information et la responsabilisation sont les maîtres mots du projet de loi avec, entre autres, le développement de l'étiquetage environnemental des produits et services, la généralisation des dispositifs du type « bonus-malus écologique » et la régulation professionnelle de la publicité.

Enfin, des dispositions particulières sont prévues pour les DOM-TOM qui sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la politique française en faveur du développement durable. Dans le domaine de l'énergie par exemple, il s'agira surtout d'atteindre l'autonomie énergétique. Au sujet de la biodiversité, il est notamment prévu la réalisation d'un inventaire précis de la biodiversité ultramarine d'ici 2010 et la préparation d'actions exemplaires en faveur des récifs coralliens, du sanctuaire marin des Caraïbes et des Hauts de la Réunion.

Tous ces objectifs généraux seront détaillés, complétés et intégrés à la législation en vigueur à travers un second texte législatif en cours de rédaction et prévu pour la fin du mois de mai prochain.

F.ROUSSEL

Article paru dans Actu environnement

5 mai 2008

Approche Scientifique de l’Architecture Bioclimatique


Le Colloque International sur l’Approche scientifique de l’Architecture Bioclimatique réunira le 2 au 4 octobre 2008, sur le Centre de Séjour Scientifique de Saint-Anthème en Auvergne, des Scientifiques, des Ingénieurs et des Architectes travaillant sur l’Architecture Bioclimatique ou s’y intéressant, et souhaitant échanger et partager leurs points de vue et expériences. Le colloque s’organisera autour de trois thèmes. Le principal, la symbiose en architecture, est transversal et fédérateur. Il donne le ton du colloque mais demeure un sujet de questionnement. L’architecture bioclimatique constitue le deuxième thème, il s’agira d’établir un bilan de la pratique et d’ouvrir à de nouvelles pistes de recherche. Le troisième thème, celui des nouvelles écoles de pratiques bio inspirées (écologie industrielle, bionique, physionique,...) aidera à cette ouverture. Enfin, nous souhaitons que chacun de ces thèmes soit restitué dans un historique afin d’apporter une contribution à l’histoire de l’architecture encore peu empreinte de considérations d’ordre écologique.

L’objectif du colloque est de faire le point sur les avancées scientifiques et techniques récentes sur le sujet, d’échanger sur les pistes de recherches futures et de confronter les regards sur les perspectives d’évolution de l’Architecture Bioclimatique et le travail interdisciplinaire.

Toutes les infos sur: http://asso.objectif-sciences.com/-Approche-Scientifique-de-l-.html

9 avril 2008

Etiquetage des produits : donner un coût environnemental à tous les achats

Abordée lors du Grenelle de l'environnement, la question de l'étiquetage de l'ensemble des produits vendus en France pourrait intégrer le projet de loi qui sera étudié au printemps. Un sujet abordé lors d'un atelier du FEDERE2008, le 28 mars dernier.


L'étiquetage transforme le marché. Pour François Moisan, directeur exécutif stratégie et recherche de l'ADEME, fournir des informations environnementales au consommateur a un impact positif sur le marché. L'étiquetage a été introduit par l'Union européenne en 1994 pour les réfrigérateurs (étiquette énergie). Cette mesure a conduit à une transformation rapide du marché et à une évolution qualitative de l'offre, explique-t-il.

Un constat partagé par l'ensemble des intervenants à l'atelier Certification et labellisation du 7ème Forum européen pour le développement durable et une entreprise responsable, organisé par Les Echos, les 27 et 28 mars derniers.

Le projet de loi portant sur cette question et issu des ateliers du Grenelle de l'Environnement sera débattu au printemps 2008. Son ambition ? A partir du 1er janvier 2011, tout produit doit, par voie de marquage, d'étiquetage, informer le consommateur sur le contenu en carbone du produit. Ce projet est très ambitieux, note François Moisan. Nous souhaitons, à travers lui, transformer les modes de consommation.

L'étiquetage, pour faire évoluer l'offre

Depuis 1994, l'étiquette énergie a été étendue à d'autres appareils électroménagers et récemment aux secteurs du bâtiment et de l'automobile. Au-delà de l'information des consommateurs, c'est une norme qui se met en place, un référentiel technique. L'essentiel de l'impact porte sur les fabricants, qui ne souhaitent pas voir leurs produits mal classés, explique François Moisan.
Avoir une information sur l'ensemble des produits que nous proposons induit forcément une démarche de progrès, une évolution pour tendre à une amélioration des performances de nos produits, confirme Gilbert Delahaye, directeur du Développement durable du groupe Casino.
Un avis partagé par Franck Moreno, directeur Développement durable du groupe Castorama : Cela nous permet de prendre conscience de l'impact des produits et de la marge de progrès que nous pouvons réaliser. Ce sera un outil de pilotage pour la conception de nos gammes futures.

Aujourd'hui, seuls 20 % des produits, « le haut du panier », sont concernés par des labels et certifications environnementales. Selon l'avis de tous, couvrir l'ensemble des produits par une information environnementale permettrait d'impacter sur la qualité des produits. D'ailleurs, à l'occasion de la Semaine du développement durable, une étude Ethicity* menée en partenariat avec l'ADEME tente de faire le point sur les intentions d'achats des Français en faveur des produits plus responsables. Si la prise de conscience des enjeux du développement durable semble acquise, puisque 61,7 % des Français disent vouloir disposer d'informations sur l'impact environnemental sur les étiquettes des produits qu'il consomme, l'étude établi que le total des personnes déclarant agir au travers de leurs actes d'achat plafonne à 20 %. 
La mauvaise connaissance des produits et de leur prix expliquerait ainsi majoritairement cette stagnation et conduirait les 3/4 des Français à penser que consommer responsable, c'est réduire sa consommation.

Les enjeux actuels : lisibilité et coordination

Si un consensus semble régner sur ce sujet, les modalités de mise en œuvre d'un tel projet posent davantage question : quel prix écologique va-t-on donner aux produits ? Un coût monétaire ? Un coût carbone ? Sur quels critères baserons-nous les calculs ? Un seul critère (CO2) ou plusieurs critères (impact sur l'eau…) ? questionne François Moisan.

L'heure est aujourd'hui à la réflexion : l'enjeu est de guider le consommateur dans son choix, analyse Philippe Osset, directeur du département développement durable de Pricewaterhouse Coopers. Il ne faut pas simplement mettre en place un étiquetage de plus parmi d'autres. L'information devra être compréhensible et pertinente.
De nombreuses questions restent aujourd'hui en suspens : Quels seront les critères retenus ? L'outil sera-t-il pertinent pour chaque classe de produit ? L'approche devra-t-elle être sectorielle ?

Pour affiner la démarche, plusieurs acteurs de la grande distribution se sont engagés, cette année, à étiqueter un certain nombre de produits. Depuis un an, nous avons entrepris un certain nombre de calculs pour évaluer le coût environnemental d'une centaine de produits, explique Gilbert Delahaye. Nous travaillons avec l'ADEME dans cette démarche. La question est : comment fournir une information simple alors que le sujet est complexe ?
Le groupe Casino a décidé de baser ses calculs sur 3 critères : le transport, l'emballage et le recyclage des matériaux. Le but ? Parvenir à un total de grammes carbone émis par le produit. L'intérêt à long terme, c'est que le consommateur puisse comparer les produits. Il faudra donc que l'ensemble des entreprises utilise les mêmes outils. L'objectif de 2011 est très optimiste, mais le processus est en marche ! commente Gilbert Delahaye.

Toute la chaîne de production et de distribution est concernée par cette démarche. Une fois l'outil mis en place, la coordination promet d'être longue et complexe : pour l'entreprise, l'enjeu financier est important. Cela implique des coûts d'investissement non négligeables. Il faudra une mise en place progressive de cette démarche, conclut Philippe Osset, de Pricewaterhouse Coopers.

S.FABREGAT


* Enquête commanditée par Ethicity et Aegis Media Expert et réalisée par TNS Media Intelligence en partenariat avec l'ADEME menée du 14 janvier au 11 février 2008 auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 4580 individus âgés de 15 à 70 ans


Article publié par Actu-environnement, le 1/04/08

2 avril 2008

L'emballement durable

Vert et vertueux : en pleine Semaine du développement durable, pas une entreprise, pas une multinationale qui n'ait pris conscience du risque environnemental qui menace la planète. Du moins si l'on s'en réfère à leurs vertes affiches et communiqués de presse. Pas un média qui ne les relaie, ours polaire sur fond de banquise - fondante - à l'appui. Mais gare à l'emballement : "Nous sommes à la limite de l'indigestion", prévient Brigitte Mantel, directrice des tendances pour Getty Images France. Basée à Seattle, cette multinationale créatrice d'images vient de publier le rapport MAP (what Make A Picture) après avoir analysé 2 500 campagnes de communication dans le monde courant 2007.






Des apiculteurs s'occupent de ruches installées dans un espace vert à Besançon, le 03 octobre 2007.
AFP/JEFF PACHOUD







Selon cette enquête, réalisée avec Yankelovitch Research, les consommateurs de 2008 recherchent l'authenticité et se méfient du "greenwashing", cette tendance des annonceurs à peindre en vert leur communication sans changer leurs pratiques. "Ce qui est étonnant, c'est l'étroitesse de la palette des verts utilisés", commentent les auteurs de l'enquête. Alors que l'environnement prend une importance croissante dans le quotidien des consommateurs, ceux-ci deviennent de plus en plus méfiants vis-à-vis de la publicité mensongère. Les réactions des internautes le confirment : "Vous nous racontez tout et n'importe quoi sur l'environnement. Assez de bigoterie écologiste !", lancent-ils. Le message est pris très au sérieux par Getty Images, qui en a averti ses clients présents dans tous les secteurs économiques. Car le développement durable fait partie intégrante de l'économie de marché. De l'Europe à l'Amérique, les financiers sont convaincus que l'écologie est une fabuleuse source de business, un "or vert".

L'économie, deuxième pilier du développement durable, a donc un avenir radieux. Même s'il est porteur d'incohérences. Ainsi l'enquête Getty Images cite le palmarès des sociétés les plus écoresponsables, classées selon leur engagement dans leur processus de fabrication, leurs emballages, leurs nouveaux produits : arrive en tête Toyota Motor Corporation, talonné par General Electric, Whole Foods (aliments naturels), Honda Motor Company et Wall-Mart, soit deux leaders de la construction automobile (secteur responsable de 12 % des rejets de CO2 dans l'atmosphère) sur cinq, et un géant de la grande distribution (Wall-Mart).

Mais nous sommes aux Etats-Unis, nation qui a pris conscience de façon tardive mais très réactive des dangers causés par notre mode de vie destructeur de ressources naturelles. En France, l'évolution des mentalités est antérieure et progressive. Ce qui n'empêche pas certains mystères : la société Batribox (collecte, recyclage et sensibilisation de l'éco-organisme Screlec) relève ainsi dans son sondage IFOP que 87 % des personnes interrogées déclarent rapporter leurs piles et batteries usagées dans les points de collecte, alors que, selon les chiffres officiels, ces points de collecte n'en récupèrent que 30 %...

Reste le social, troisième et dernier "pilier" du développement durable. A l'intérieur de l'entreprise, les bonnes conditions de travail sont désormais capitales. Leur non-respect - surtout - risque de renvoyer une image déplorable à l'extérieur, aux yeux des consommateurs et des actionnaires. Au niveau mondial, les déséquilibres s'accroissent, parce que ce sont les riches qui polluent le plus ; parce que les nations les plus pauvres sont les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique.

La lutte contre les inégalités est désormais une priorité. Fabienne Simon, directrice chez TNS-Sofres, y croit : "Le social est la valeur qui monte."
Catherine Pacary
Article paru dans l'édition du Monde 03.04.08.